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jeudi 21 mars 2019

Mercredi 20 mars - Cat Ba-Ha Noï-Ha Giang

Lever à 4 h 00 encore une fois, après 7 bonnes heures de sommeil.  La routine s'établit et ce n'est pas si mal comme horaire.  J'en profite pour écrire le blog de la journée, on se prépare tranquillement, on fait les valises et, à 7 h 00, nous sommes prêts pour le petit déjeuner, une bonne crêpe aux pommes et à la confiture d'ananas maison et le toujours délicieux café au lait concentré.





Notre hôte nous accompagne ensuite à l'entrée du "resort", nous donne nos vélos et s'occupe de faire envoyer nos bagages au quai où un bateau viendra nous chercher dans 45 minutes.

Le retour en vélo est aussi agréable qu'à l'aller et nous arrivons au quai trop vite à notre goût.







Nous attendons notre bateau un bon 45 minutes, le temps de voir couler tout seul et sans raison apparente un des pontons vétustes utilisés par des pêcheurs.  Tout un émoi!  Heureusement, il n'y a personne dessus mais c'est triste quand même.

Notre bateau arrive et, surprise, c'est un petit hors-bord.  En 8 minutes, nous franchissons les quelques kilomètres qui nous en ont pris 50 la veille en petit canot pout-pout-pout.





Nous faisons sensation en rejoignant le bateau sur lequel nous finirons le voyage, surtout auprès de nos amies indiennes que nous retrouvons avec un immense plaisir et qui nous embrassent chaleureusement et nous racontent comme elles se sont ennuyées de nous et sont contentes de nous revoir!



C'est un sentiment bien partagé, elles sont adorables et nous aimons beaucoup leur joyeuse compagnie.  Il nous reste environ deux heures avant d'arriver au port, nous avons droit à un autre cours de cuisine, sur les rouleaux de printemps encore une fois, on va être des pros!



Ensuite, encore un dîner pantagruélique, et vers 12 h 30, nous accostons.

Le chauffeur de l'autobus nous accueille (décidément, les Vietnamiens sont les maîtres de l'organisation, c'est hallucinant! Ils nous ont pris par la main à notre hôtel à Hanoï il y a 3 jours et ne nous ont pas lâchés jusqu'à notre retour dans la capitale!).

Maisons typiques du nord du Vietnam (et peut-être du Sud mais on vous le dira quand on y sera!) : très étroites mais jusqu'à 6-7 étages parfois.  

L'arrêt-pipi boutique (on voit au fond les artisans qui tissent les toiles vendues ensuite - au premier plan)

Comme nous devons prendre le "sleeper bus" vers Ha Giang à 9 heures ce soir, nous décidons de descendre avec nos amies à leur hôtel qui est à 15 minutes de marche de la station de bus.  Elles sont tout heureuses de notre décision, nous invitent à déposer nos sacs dans leur chambre, commandent du jus pour tout le monde et nous décidons d'aller nous promener ensemble.

Nous visitons un petit temple sur le lac dans le Vieux Hanoï, et nous faisons le tour du lac en marchant et en jasant.  Le soir tombe, la ville s'illumine, c'est magnifique et vibrant de vie.  Nous retournons ensuite à l'hôtel chercher nos sacs et nous disons au revoir à nos amies (vive Facebook qui nous permettra de garder contact!).





On marche avec nos gros sacs encombrants dans les rues étroites et encombrées de la vieille ville et, en passant devant un restaurant, nous décidons de manger rapidement avant d'aller prendre le bus.


Pendant que nous attendons nos plats pas très vietnamiens (hamburger-frites et club sandwich), un cireur de souliers s'approche de moi et prend un air catastrophé et dégouté en montrant mes souliers.  Ceux-ci ont piètre allure, il faut l'avouer, depuis leur balade dans la boue la veille, et si je veux regagner la considération de mon ami vietnamien, je dois accepter son offre de me les nettoyer.  Aussitôt dit, aussitôt fait, il me prête des gougounes et part avec mes souliers en me disant bye-bye et en rigolant.  Petit 2 secondes d'inquiétude mais il va juste s'installer un peu plus loin haha.


Les plats n'arrivent pas et l'heure de prendre l'autobus approche.  Nous devenons un peu nerveux et allons voir la serveuse pour annuler la commande et payer les consommations.  Surprise, les plats arrivent 30 secondes après notre demande.  Jacques se méfie de son hamburger trop rouge et préfère manger la moitié de mon sandwich et nous engloutissons les frites rapidement avant de filer vers la station d'autobus.  Ce repas gagne le prix du souper le plus poche et le plus absurdement dispendieux (bon, ok, 10$ pour 2, ce n'est rien, mais c'est cher pour le Vietnam!  Vive la cuisine de rue, tellement meilleure en plus!).  Google Maps s'est trompé et nous a fait faire un détour qui nous rallonge, donc nous marchons très rapidement le kilomètre et demi qui nous sépare de la station!  Pas évident avec les motos stationnées sur les trottoirs qui prennent toute la place et forcent les piétons à marcher dans la rue en essayant d'éviter les autos et les motos qui veulent les tasser du chemin.  Cinq millions de motos pour sept millions d'habitants à Hanoi, cela parait!!

Enfin, la station.  Une dernière traversée suicidaire (tof celle-là, ouf!) et nous y sommes.  Reste à trouver le bon autobus.  Un employé nous indique un bureau...de l'autre côté de la rue (hein? Pas question que l'on retraverse!), mais heureusement, un homme sort du bureau et vient nous rejoindre (pas évident pour lui non plus de traverser, cela me réconforte un peu sur la légitimité de nos propres difficultés!) pour nous aider et nous amener à notre autobus (quand je vous dis qu'ils sont organisés!).

L'autobus, de la compagnie Ha Giang Express, est incroyable... Les couchettes sont confortables, ajustables, avec télé, système de massage (oui oui!) télécommandé, on peut recharger nos appareils électroniques et nous avons droit à une bouteille d'eau et un dessert emballé, ainsi qu'à une grande couverture molletonnée et un oreiller.  On ferme les rideaux et nous sommes dans notre petit cocon (un peu petit pour les ceusses de plus de 5 pieds, mais pour moi, c'est parfait, ha ha).




L'assistant du chauffeur vient nous demander où nous allons et nous lui donnons l'adresse de l'hôtel.  Le propriétaire de l'hôtel nous a dit de dire au chauffeur de nous laisser à l'hôtel et de l'appeler et qu'il viendra nous ouvrir (à 4 heures du matin!! Alors que nous avons réservé seulement pour le soir suivant).  Je doute un peu que le chauffeur de l'autobus accepte de faire le taxi mais on verra bien!

L'autobus part à l'heure prévue, 21 h 00, et le voyage se déroule très bien.  Cela brasse beaucoup (peut-être que le fait d'être dans le lit supérieur n'aide pas!), le chauffeur ne conduit pas en fou, il ne klaxonne pas non plus pour rien, bref, Jacques dort comme un bébé pendant tout le trajet, à peine interrompu par l'arrêt-pipi traditionnel (heu, non merci, les toilettes turques, pas capable!).  Et moi, comme d'habitude, impossible de dormir mais c'est reposant quand même, juste d'être couchée confortablement pendant un voyage de 5-6 heures en autobus.  Mais, ouf, à sentir comme ça 'bardasse', je suis contente de ne pas voir l'état des routes!

L'autobus arrive au terminal de Ha Giang et nous sommes un peu nerveux.  Va-t-on nous faire descendre et nous 'abandonner' dans la nuit loin de notre hôtel et un peu perdus?  Le chauffeur nous fait signe de rester couchés, il y a de l'espoir.  Et, en effet, l'autobus repart, descend quelques passagers un peu plus loin et roule un bon 5 km de plus avant de nous déposer juste devant l'entrée de l'hôtel!  Nous sommes vraiment impressionnés par la gentillesse des gens, ce serait inimaginable ici qu'un autobus Greyhound fasse un détour pour nous amener à un endroit précis!  Bon, le bus repart, nous sommes devant la grille barricadée de l'hôtel, nous appelons le propriétaire comme prévu.  Sans réponse.  Oups.  Un nuage passe.  Petit moment de solitude.


Heureusement, au deuxième essai, le propriétaire répond et il vient nous ouvrir, nous amène à notre bungalow et nous explique le fonctionnement des divers appareils.  Le bungalow est grand, super propre, tout est fourni dans la salle de bains, comme d'habitude, même si nous nous contentons d'hébergements plutôt rustiques.  On retrouve donc des serviettes, brosses à dents, dentifrices, séchoir, savons, shampoings... Le luxe pour moins de 20 $ par nuit (Green Hill Hostel)!

Notre trajet : 466 km en autobus et en ferry, 7 km à pied et 4 km en vélo

lundi 18 mars 2019

Lundi 18 mars - Ha Noi-Ha Long Bay

Encore une nuit vraiment pénible.  Réveil à 2 h 30, Jacques réussit à se rendormir, pas moi.  Zut.  Et le réveil impitoyable qui sonne à 6 heures.  Pas le choix de se lever, notre chauffeur vient nous chercher entre 7 h15 et 7 h 30 pour notre croisière de 2 nuits à la baie d'Halong avec la compagnie Dragon Cruises.

Nous descendons à 7 h 00, au moment où notre hôtesse se lève.  Nous avons donc le temps de déjeuner et de jaser avec elle ainsi qu'avec les autres locataires qui arrivent tranquillement.

Finalement, notre guide arrive à 8 h 00, nous la suivons jusqu'à l'autobus qui nous attend dans la rue et c'est le départ pour 4 heures de route jusqu'à Hanoi. Notre guide est une jeune fille adorable, très sympathique et dynamique, Chan.


Nous trouvions que le trafic était fou à Hanoi ?  Ha ha, nous n'avions rien vu encore!!!  Nous sommes lundi, les gens travaillent et cela paraît.  Les rues sont noires de scooters, c'est incroyable.  Je suis contente de ne pas être à pied, je n'ose même pas m'imaginer devoir traverser une rue dans cette cohue monstre!  Le chauffeur, lui, n'a aucun scrupule à foncer dans le tas, frôlant les véhicules sans crainte, quelques coups de volants et de klaxon par ci, par là.  La méthode fonctionne, on avance quand même étonnamment rapidement.

À la sortie de la ville, cela se corse.  Le chauffeur roule de plus en plus vite et prend de plus en plus de risques.  Il déborde allègrement dans la voie de gauche, dépasse en kamikaze, à gauche et à droite (sans pitié pour les nombreux motocyclistes qui osent être dans son chemin).  Un camion de propane doit se déporter à droite pour nous éviter (un camion de PROPANE!!), un autre mastodonde nous flashe ses lumières et à la dernière seconde, le chauffeur se rabat à droite, c'est hallucinant et terrifiant!

Après 2 h 30 de sueurs froides, nous arrêtons à un supermarché de souvenirs et une cafétéria.  C'est vraiment le summum du kitsch et le rêve de tout touriste qui se respecte. Immenses statues de pierre, tapisseries tissées sur place par une quinzaine d'artisans (ok, ça c'est intéressant), gugusses en plastique Made in China, sacs de M&M à 8 $, un vrai Walmart pour touristes!


Nous nous contentons de deux sous-marins au porc (très bons d'ailleurs) que nous dégustons dans l'autobus tant bien que mal en repartant.

Nous sommes un peu inquiets de reprendre l'autobus avec ce chauffeur suicidaire, mais étonnamment, il semble s'être calmé (merci à notre guide?) et le reste du trajet (1 h 30) se déroule tranquillement.  Ouf!

Comme depuis le début du voyage, le temps est brumeux et un fin crachin nous tombe sur la tête (ouais, pas glop).  Nous arrivons à la baie d'Halong, il y a peut-être une magnifique paysage qui se déroule à notre gauche (parce qu'à notre droite, c'est ultra-moche avec des dizaines d'hôtels et de resorts en construction, parc aquatique, et autres gugusseries touristiques qui défigurent les sites attrayants.  Je passe sur l'attente dans une salle surpeuplée et multiculturelle.

Vive les films téléchargés sur Flickr!

Nous ne serons que 10 sur le bateau, yééé!  Nous embarquons sur une navette vétuste qui nous amène à notre bateau (pas jeune mais plein de caractère), récupérons la clé de notre cabine et allons installer nos affaires.  La cabine est très jolie et c'est très propre.  Nous fouillons pour trouver si nous avons une salle de bains, sans succès.

 


Nous rejoignons ensuite les autres passagers dans la belle salle à manger pour le cocktail et le discours de bienvenue.  Nous avons environ 30 minutes pour nous installer (i.e. mettre le bordel tout partout dans la chambre, car sans armoire et sans commode, on met tout par terre) puis nous retournons à la salle à manger pour le lunch.

Il y a une bouteille de vin sur la table, Jacques est bien content et il l'ouvre et sert nos voisins de table (l'australien - et son escorte (? petit doute) -  et les deux amies indiennes très sympathiques). Erreur. Nous apprendrons plus tard que la bouteille est là pour décorer et 'faire beau dans les photos' mais que si on l'ouvre, un beau 39 $ US sera rajouté sur notre facture.  Et merde.  Les boissons ne sont pas comprises et assez chères pour le Vietnam, l'équivalent d'ici.  Mais la nourriture est abondante et délicieuse.  Les plats n'arrêtent pas d'arriver sur la table, poulet, soupe, légumes frais, salade à la pieuvre, riz...




La vue est aussi très agréable.  Même si je m'y attendais, le nombre de bateaux sur l'eau est étonnant et un peu déprimant.  Ce doit être un des endroits les plus pollués du monde et on est loin du tourisme auquel on est habitué et que l'on aime.  En même temps, venir au Vietnam et ne pas aller voir la baie d'Halong doit sûrement s'approcher d'un péché mortel.  Mais, ouf, quel trafic!  Mais c'est beau, même dans la brume.



45 minutes plus tard, nous approchons de notre premier arrêt.   


Nous avons amarré le bateau et repris la navette pour rejoindre les dizaines d'autres bateaux au quai de l'ile qui abrite la grotte Hang Sung Sôt, une attraction touristique majeure de la baie à en juger par les centaines de personnes qui attendent en file pour y entrer, sous un crachin très désagréable.  Sérieux??  Je regarde avec un peu de regret la navette qui retourne vers le bateau et nous rions un peu jaune avec Jacques.  M'enfin, on y est, on y va!



Nous découvrons rapidement que les touristes chinois sont une plaie.  Non, mais vraiment!!  Ils poussent sans vergogne, rentrent leurs coudes dans nos côtes, les baleines de leurs parapluies dans nos cheveux, notre dos, bousculent, et rigolent quand on proteste.  Même pas drôle.  Heureusement, comme ils avancent assez vite (évidemmment, facile quand on pousse tout le monde), on s'en débarrasse rapidement et la visite devient beaucoup plus agréable.  Il y a trois salles dans la grotte et c'est majestueux.  On en oublie presque (presque) la masse insupportable de touristes (dont on fait partie, ben oui, je sais).  J'ai fait mon possible (en général) pour prendre des photos qui donnent l'impression que la foule n'est pas si importante (ha ha).

Voyez-vous Waldo Jacques ?





Le 'doigt' (on va dire) qui pointe un gros trou dans le plafond (ben quoi, il est illuminé en rouge, ce doit être important!)


Comme nous a dit plusieurs fois notre guide : 'utilisez votre imagination' et trouvez le bébé et la maman dragon




À la sortie de la grotte, la guide nous pointe les pieds (allez, on utilise notre imagination).  C'est cute quand même...


Bon, prochaine visite, l'île dont j'ai oublié le nom.  Deux choix : s'y baigner (whaaaaat???  Jamais de la vie, même s'il faisait plein soleil et 50 degrés!!) ou monter en haut voir la vue (dixit suivre les touristes à la queue-leu-leu sur des marches escarpées et glissantes).  À la guerre comme à la guerre, tant qu'à être là, on ne va pas rester en bas à pleurer, on monte!  



La vue qu'on a (une fois qu'on a fait comme les Chinois et tassé les touristes qui nous bloquent)

Là où on aimerait être!!  

Bon, c'est pas mal ça pour aujourd'hui (enfin, hier, puisque nous sommes maintenant le 19 au matin), nous sommes ensuite retournés au bateau, où nous avons eu droit à un cours de cuisine sur les rouleaux de printemps (intéressant et menoum) et à un excellent souper (non, on ne s'est pas fait avoir par la bouteille de vin décorative, cette fois!).  





Nous décidons de passer sur la soirée karaoké et allons nous coucher à 8 heures, complètement lessivés (cela fait trois nuits que nous dormons environ 3 heures!).  Première bonne nuit, puisque nous dormirons de 9 heures à 4 heures.